Prononciation.

Publié le par MDV

A dire vrai, la prononciation bretonne ne diffère guère de celle du français, à ceci près cependant que l'accent tonique est toujours très fortement marqué dans la langue celte au contraire du français qui, lui, est pratiquement atone.

Remarques :

Consonnes :

1) Comme en français, le "S" peut se prononcer de façon sifflante : ar skol [ssskôl] ou plus douce : daousenn [daouzèn'] ;

2) de même, le "GN" se prononce comme en français, un peu plus nasal cependant, ainsi que le "N" et le "Ñ" ;

3) le "R" est un peu plus dur lorsqu'il est redoublé ;

4) le fameux "C'H" tient beaucoup du râclement de gorge très accentué : an arc'hant [an'arrj'an'] (l'argent). C'est dire que, pour les polyglottes, il évoque volontiers la "jota" espagnole et bien sûr certains sons arabes ;

5) les autres consonnes ne posent aucun problème.

Voyelles :

a) le "E" se prononce soit "é" (légèrement plus ouvert) dans bezañ [bézan], soit "è" comme dans gwenn [gouèn'], soit "ê" comme dans merc'h [mêrrj'] ;

b) "EU" et "OU" se prononcent comme en français mais il arrive que dans certains mots, le son "EU" se prononce [you] :
Yeunn [youn']

c) le "O" est sourd et assez long comme dans ar mor [mau:r] ou ouvert comme dans korn [korn], voire très ouvert comme dans moc'h [môrrj] ;

d) le "A" sera plus long dans des mots comme bras [bra:z] mais redeviendra court dans : ar bara [bara] ;

e) le "I" est similaire au son français, les différences ne portant que sur la longueur du son : ar fri [fri :]

f) le "AO" s'entend le plus souvent comme [au:] ou alors comme [ao] mais c'est la lettre "o" qui l'emporte toujours : an aotrou [an'au:trou]

g) suivie d'un "n" ou d'un "ñ", la voyelle, quelle qu'elle soit, se fait plus nasale : denn [dèn'], klañv [clan :] ou [clan:on].

Semi-voyelles :

a) "Y" donne le son [ie] : Yann [ian'] ; 
"I" le son [ï] : an deiz [deï : z] ;

b) "W" se prononce [ou] : gwener [gouéneur]

c) le "V" final ne se prononce pas : kreñv [krin:] ou évoque un "on" très nasal : [krin:on]

Accent tonique :

Il diffère selon les régions. L'accent vannetais par exemple évoque une chanson et se veut à mille lieues de la lourdeur léonarde. Cependant, en règle générale, il porte souvent sur l'avant-dernière syllabe du mot - dans les exemples cités ici, la syllabe qui le porte a été soulignée.

Conseil :

Comme dans l'étude de toute langue, ne pas oublier d'écouter beaucoup les autochtones : c'est la meilleure manière pour finir, un jour ou l'autre, par maîtriser l'accent.

Niveau de difficulté :

La langue bretonne n'est pas l'une des plus difficiles à prononcer, loin s'en faut. A l'exception du "C'H" et du "N" très nasalisé, c'est même un jeu d'enfants. La grammaire, par contre, c'est une autre histoire ... ;o)

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