Nouvel obstacle à franchir.

Publié le par MDV

Depuis que j'ai eu mon problème pulmonaire fin décembre, Flavien accumule les angoisses. Lui qui a l'habitude de me voir aller et venir a sans doute peur que tout cela le prive définitivement de sa maman. Affectivement, cet enfant qui est incapable de gérer vraiment ses émotions, réagit souvent comme une petit de 4 ans bien qu'il en ait le double.

Résultat : il se rend impossible en classe alors que son premier trimestre avait si bien commencé.

Hier, malgré mes problèmes de dos, je me suis rendue à l'équipe éducative pour son orientation scolaire, l'an prochain. A nouveau, on a agité l'épouvantail qui nous accompagnera jusqu'à ce que mon fils trouve enfin sa place dans la société : celui de l'Institut spécialisé.

Mais hier, j'étais lasse, vraiment très lasse. D'autant que, dans des conditions de ce genre, j'ai toujours eu l'impression de me retrouver devant un tribunal. Je ne dis pas que l'équipe scolaire en ait l'intention et je me doute qu'ils doivent aussi se farcir pas mal de parents complètement irresponsables mais, que voulez-vous, on ne débute pas impunément une psychothérapie à l'âge de 20 ans, avec un psychiatre formidable qui m'a appris à rejeter la culpabilisation qui sert si souvent d'armes à vos adversaires. Du coup, toutes les fois que je me trouve en pareille situation, ça barde.

"Si vous pensez à un institut spécialisé, dites-le moi tout de suite, que je prenne mes marques," ai-je dit, fonçant tête baissée.

D'où, bien entendu, surprise et recul instantané en face. A vrai dire, c'est seulement si les attitudes violentes de Flavien et son refus de travailler en classe persistaient que ... Mais ce petit a de grandes capacités - là, cette année, le médecin scolaire elle-même en est convaincue, ce qui ne fut pas toujours le cas. Donc ...

Donc, je vais demander les 100% pour ses soins et l'accompagner au moins une fois par semaine chez son nouveau thérapeute - dont nous avons fait la connaissance mardi après-midi, soit-dit en passant. A nouveau, je vais me charger de le mener chez l'orthophoniste, à nouveau, je serai là, inamovible, solide, sûre, un roc - pour lui et pour tout le monde sauf pour moi qui cherche en vain dans ma glace cette sécurité que je dispense pourtant autour de moi.

Si je veux obtenir qu'un jour il soit à même de contrôler cet état fusionnel qui lui permet de savoir ce que j'éprouve parfois avant que moi-même j'en aie pris conscience, il FAUT que je le fasse. J'ai envie de m'enfuir et de détourner la tête, d'aller me cacher sous mon lit jusqu'à ce que les années soient passées et qu'il soit enfin tel que je désire qu'il devienne ...

... mais je sais bien que ça ne marche pas comme ça. Pour obtenir autant, il faut donner énormément et sans cesse, sans se lasser, sans jamais perdre son calme (ou vraiment très, très peu), en puisant au plus secret de soi, là où réside cette Energie mystérieuse mais sereine, si proche en fait du Grand Tout, qu'on rencontre par exemple en auto-hypnose.

Indépendamment de toute question religieuse, je demeure fermement persuadée que Marie et Flavien ont été menés vers moi pour une raison bien précise. Avec Marie, j'ai déjà réussi beaucoup. Combien des médecins qui l'ont examiné jadis se mordraient aujourd'hui les doigts s'ils la voyaient ? La différence est là mais ma fille est autonome et aime à se cultiver et à s'ouvrir sur le monde. On m'avait pourtant assuré que jamais cela ne serait.

Pour Flavien, j'y réussirai aussi. J'y mettrai le temps qu'il faudra mais j'y parviendrai.

Déjà, cet été, puisque ce petit monsieur a refusé de travailler, il va travailler avec moi : pictogrames à l'appui et il n'aura pas la loi ! Il faut à tout prix, dans son intérêt comme dans celui de ceux qui l'entourent, que nous parvenions à établir un langage soutenu avec lui : peu importe s'il n'est que demi-verbal, l'essentiel, c'est qu'on se comprenne. Sa frustration diminuera et, partant, c'est inéluctable, ses angoisses. Sa peur de l'échec - un fléau chez les membres de sa famille paternelle - aussi.

Bref, une nouvelle équipe éducative prendra sa décision définitive le 29 juin. J'ai d'autant meilleur espoir que le dossier AES est à l'examen et qu'il n'y a aucune raison pour qu'elle ne soit pas accordée.

Avec ce nerf essentiel à toute guerre qu'est l'argent, avec la force de volonté que je crois posséder, nous vaincrons. Simplement, c'est une entreprise de longue haleine. Pour moi qui suis si typée Capricorne, avec Saturne, Mars et Vénus dans le signe, au FC, la chose n'est donc pas rhédibitoire : les efforts à longue portée ont toujours été dans mes cordes.
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MDV 20/05/2006 11:05

Merci, Eric, je vais aller voir.Tu sais, il n'y a pas d'indiscrétion. ;o) Si je mets en ligne ces confidences, c'est d'abord parce que je sais que certains, souffrant de problèmes similaires, n'osent pas le faire : soit par gêne, soit par lassitude, soit tout simplement parce qu'ils pensent qu'ils n'écrivent pas très bien et que personne ne les lirait. Lire mes petits billets, je ne prétends pas que ça les aide à chaque fois mais je sais que, pour certains, cela pourra être un déclancheur. L'autisme et les problèmes de santé touchant ses enfants, c'est à mon avis plus douloureux que ce qui peut nous toucher, nous, lorsque nous tombons malades par exemple. Or, plus on s'enferme, plus on se replie, plus on permet à ce genre de troubles de s'étendre. Oh ! bien sûr, il arrive que l'on prenne des coups au passage en s'exposant mais c'est là un mal nécessaire.Je pense d'ailleurs tout particulièrement aux mères dans cette affaire. Non que les pères ne souffrent pas, évidemment. Mais la Mère est toujours visée par le regard des autres : à une certaine époque - pas si lointaine - on la voulait responsable de l'état de son enfant. Il est certain que le fait d'avoir vécu dans le ventre d'une personne pendant neuf mois donne à quelques enfants la possibilité de se "connecter" à elle plus rapidement et plus sûrement que ne le feront jamais ses proches ou d'autres parmi ses enfants. Pourquoi ? Vaste question. Mais je trouve injuste qu'on en fasse porter le poids à la seule mère : après tout, c'est bien à la femme que revient la tâche d'abriter et de protéger l'enfant pendant sa vie pré-natale.  Le moyen de faire autrement ? Donc, pourquoi la culpabiliser à outrance comme on tente de le faire - moins maintenant, je l'admets ?Surtout que ces troubles sont souvent accompagnés - c'est le cas pour mon fils - de troubles alimentaires. Tu imagines l'équation, elle est simple : mère = lait = nourriture = langage !Démonstration superbe qui ne prouve rien. (Question troubles alimentaires, je suis bien placée pour en débattre. ;O) )Et puis, l'écriture étant pour moi si symbolique, cela m'aide énormément de poser tout cela noir sur blanc. Si ça peut en aider d'autres et aussi, au passage, leur arracher un petit sourire (il faut toujours essayer de conserver le sens de l'humour), tant mieux. Bises et merci encore. (Ma lombo-sciatique a l'air un peu mieux ce matin : serait-ce le signe que je vais bientôt redevenir active sur le Net ?)Bon week-end à toi et aux tiens.MDV ,o)

eric 20/05/2006 09:44

Par souci de discrétion, je me contente de lire avec attention les billets ou tu développes les épreuves que tu vis avec tes enfants, tout en m’interdisant d’y intervenir..  Si je le fais aujourd’hui, c’est qu’à chacune de ces lectures, un  moment de radio particulier me revient spontanément à l’esprit..  L’envie de te le faire partager me démangeait, tant je l’ai trouvé fort et enrichissant.  Il s’agit de l’interview audio de Barbara Donville pour son livre « Vaincre l’autisme » ( que tu as probablement lu), que je mets à ta disposition ici : http://pooocontent.tooblog.fr/?2005/06/20/53-barbara-donville-psychologue-pour-son-livre-vaincre-l-autisme-chez-jacobfevrier-2006-rmc-infos- , en espérant contribuer modestement à ton combat..
@ plus.