La disparue de Collinton Park - Minette Walters.

Publié le par MDV

Minette Walters, auteur anglaise éditée chez Pocket, a autant d'admirateurs que de détracteurs. Les premiers sont sensibles à l'art d'une intrigue souvent alambiquée et qui, par l'insertion de coupures de journaux ou de mails, tend à donner à ses romans une tournure assez spéciale. Les seconds la trouvent justement trop alambiquée, voire fumeuse.

Je l'avoue, j'aime trop le complexe pour ne pas savourer la plupart de sa production - à quelques rares exceptions près. "La Disparue de Collinton Park" - en anglais : "Esprits dérangés" - est à mon avis l'un de ses meilleurs opus.

Jonathan Hughes est un brillant anthropologue qui n'a jamais accepté d'avoir un père de race noire et une mère asiatique. Ce "roman familial" l'a donc poussé à s'intéresser à tout ce qui est ou passe pour marginal et, au tout début du roman, il vient d'écrire un livre - un succès de librairie d'ailleurs - traitant de certaines affaires criminelles ayant mis en cause des êtres "différents."

Dans cet ouvrage, il a pris très nettement position pour la révision du procès de Howard Stamp, un jeune homme non mature émotionnellement parlant et doté d'un bec-de-lièvre qui le faisait repousser par tous, sauf par sa grand-mère, Grace Jaffries. Il se trouve que Grace a été découverte assassinée et que l'enquête - fort mal menée, avec des zones d'ombre - a conclu à la culpabilité du jeune homme qui finit par se suicider en prison.

Le succès du livre a attiré l'attention d'une conseillère municipale de la ville où a eu lieu le meurtre, George Gardener. Or, Miss Gardener, pas plus que Jonathan, ne croit à la culpabilité de Stamp. Ensemble, après bien des péripéties - à leur première entrevue, on ne peut vraiment pas dire qu'ils étaient destinés à faire équipe - il vont dévoiler une vérité aussi complexe que dérangeante.

En dépit d'un début un peu brouillon, un livre qui se lit avec un plaisir croissant. En un mot comme en cent : un bon roman policier, à lire pendant un week-end pluvieux, bien au chaud chez soi.

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