La Relaxation ou la Mort.

Publié le par MDV

Après moult réflexions et beaucoup d'hésitations, j'ai repris au mois de mars la relaxation selon le schéma que le Dr Le Gall m'avait établi il y a de cela ... voyons ... c'est pas vrai ? vingt-six ans ? ... Mais oui, vingt-six ans.

Que s'est-il passé au long de ces vingt-six années ?

1) Deux mariages,

2) un divorce,

3) la naissance de deux enfants souffrant de troubles autistiques à des degrés divers (l'une a 20 ans aujourd'hui),

4) la "disparition" de ma mère et de mon frère à Marseille en 1991, partis comme cela sans laisser d'adresse, une disparition qui a duré près de dix ans,

5) puis la mort de mon père à l'âge respectable de 84 ans, mort qui, en raison de l'héritage qu'il laissait, a favorisé nos retrouvailles,

6) le décès brutal de mon frère, à 47 ans, d'une embolie pulmonaire,

7) la révélation, lors de son enterrement, des lèvres d'une parente que je n'avais pas vue depuis des lustres, de ce que ma mère nous avait caché à tous les deux : à savoir que notre jeune frère, Jean-Luc, décédé quelques mois après sa naissance au début des années 60, était hydrocéphale,

icon_cool.gif du coup, la révélation que, du début jusqu'à la fin, l'art du mensonge que cultive ma mère, son égoïsme monstrueux, sa façon de nier ce qui la contrarie ou lui cause problème, tout cela aura pesé tant sur mon existence personnelle que sur celle de mes enfants

9) et la certitude que je ne pourrais jamais le lui pardonner. Comment a-t-elle pu ? Si elle m'avait dit pour Jean-Luc, jamais je n'aurais eu d'enfant - même si les médecins sont incapables d'établir un rapport entre le handicap de mon petit frère et les troubles autistiques de mes enfants, évidemment. Il y a fort à parier qu'il n'y en a même aucun. N'empêche : les mensonges de ma mère m'ont fait prendre un risque auquel je ne me serais jamais résolue si j'avais pu les soupçonner.

Le pire peut-être - et dont ma mère n'est pas responsable - c'est que, pour ma fille aînée, certains problèmes dans la famille de mon premier mari pouvaient laisser croire que ... Ma seconde fille étant parfaitement "normale" - comme je déteste ce mot ! - je ne me suis pas inquiétée pour F.

Ah ! les Grecs avaient raison, qui prétendaient que Jupiter aveugle ceux qu'il veut perdre.

Sont à y ajouter :

a) notre exil temporaire, de 1997 jusqu'à janvier 2002, aux confins de l'Eure et de l'Orne, dans un village miteux dénommé Trébeuil sur Ploucs (qu'ils se reconnaissent s'ils l'osent),

b) l'appartement que nous occupions là-bas : la cuisine se trouvait au rez-de-chaussée et ces va-et-viens continuels ont beaucoup contribué à la détérioration de ma santé,

c) la vie infernale qui y fut faite à ma fille aînée parce qu'elle était différente,

d) sa mise à l'écart du collège, où elle était pourtant une excellente élève, et son inscription au CNED, avec le surcroît de travail que cela m'a donné à assumer,

e) et tout ce qui est lié là-bas à mon fils, comme ce début de pleurésie qui, selon certains médecins, auraient constitué le "choc" ayant engendré sa difficulté à parler.

Voilà qui constitue une pente bien savonneuse à remonter. Depuis que je suis sur la RP, les choses ne se sont pas détériorées (les soucis demeurent, bien entendu) mais toute l'énergie que je pouvais jadis déployer pour les autres m'a terriblement fait défaut face à mes problèmes personnels. C'est par là que la boulimie-anorexie est parvenue à étendre à nouveau son empire.

Il y a de cela vingt-six ans, la relaxation (trois séances régulières par jour) avait réussi à me restituer la maîtrise de mon corps. Y parviendra-t-elle aujourd'hui, alors que le kaléidoscope de sentiments violemment opposés que je ressens envers ma mère - et tout ce que je sais désormais sur ses comportements et que j'ignorais en 1980 - en arrive certains jours à me faire souhaiter l'amnésie ?

Elle m'a déjà permis de mettre au net ceci : c'est un premier pas, surtout pour quelqu'un qui, comme moi, attache une telle importance au symbole écrit.
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Publié dans Melting-pot : USA.

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