Achille recevant les ambassadeurs d'Agamemnon - Ingres.
En 1801, Jean-Auguste Ingres reçoit le prix de Rome pour cette peinture. On peut donc supposer qu'il l'a réalisée en 1800, soit à l'âge de 20 ans (il est né à Montauban en 1780) ! Ce qui est assez extraordinaire, il faut le reconnaitre.
- Achille qui jouait de la cithare avant de se lever pour accueillir les ambassadeurs d'Agamemnon. On notera les courbes gracieuses du corps, sans démesure dans la proportion des muscles, contrairement à Ajax comme nous le verrons plus loin. Assurément, J-A Ingres s'est attaché à donner à Achille une morphologie des plus réaliste afin de coller au plus près à toutes les qualités qu'Homère attribue au héros. Achille n'est pas seulement, vaillant, courageux et intrépide ; il est également le champion de course à pied !
- Patrocle, le meilleur ami d'Achille, dans une position sans équivoque sur sa féminité. Pour ce personnage, J-A Ingres s'est inspiré d'une statue représentant Ganymède que l'on peut voir dans les jardins du château de Vaux-le-Vicomte. Moins rancunier et obtu que son illustre compagnon, On voit qu'il semble plus disposé à écouter le message d'Agamemnon que sont venus porter les trois hérauts... avec les conséquences tragiques que cela aménera par la suite... Patrocle subtilisera l'armure de son compagnon et sera tué par Hector qui pensait avoir affaire à Achille.
- Ulysse, ah, Ulysse ! L'homme aux mille ruses, celui qui jouera un rôle décisif dans la victoire des Grecs, non pas en inventant le cheval de Troie, mais en trouvant un stratagème pour le faire rentrer dans la cité (voir l'Enéide de Virgile, l'Odyssée d'Homère ou la Prise de Troie de Tryphiodore). Ulysse était le plus sage parmi les Grecs après le vieux Nestor. Mais à la sagesse il alliait l'intelligence, la ruse et parfois même un esprit retors. C'était l'homme tout désigné pour convaincre Achille de reprendre le combat. En vain, toutefois.
- Phénix (et non pas Nestor comme il est souvent admis), le vieux maître d'arme et ami d'Achille. On comprend vite à sa mine embarrassée qu'il peut difficilement allait à l'encontre de son roi Achille. Mais puisque Agamemnon, le chef suprême du camp grec, l'a désigné...
- Ajax, enfin, le plus grand et le plus puissant des héros grecs. J-A Ingres ne s'y est pas trompé. Sa taille, sa robustesse et sa droiture sautent aux yeux sur ce tableau. Il est le cousin d'Achille, auquel il est souvent comparé, et passe pour le héros modèle, gentil et sans histoire. Jusqu'à ce qu'il dispute avec Ulysse les armes du défunt Achille. La ruse triomphe de la force et Ajax devint fou. Sophocle en fera le sujet principal de l'une de ses tragédie.
On voit nettement que le tableau est divisé en deux parties. D'un côté la paix, de l'autre les partisans à la guerre. La cithare à gauche, la lance d'Ajax sur la droite.
Magnifique, non ?