La Secte K*** : Complications à l'Horizon.
Tant d’heures de patience gaspillées auprès de ce cinglé grand format alors qu’une pléthore d’affaires, bien plus importantes et autrement graves, ne demandaient qu’à bénéficier de tous leurs soins !...Vancouvert, qui atteignait le point limite de l’exaspération, siffla, sarcastique :
- « Il ne vous est donc pas venu à l’esprit, monsieur le J …, je veux dire : « monsieur Emile », que si vous l’aviez demandé gentiment, votre voisine vous l’aurait probablement rendu, votre chef-d'œuvre ?
- Je le lui ai réclamé, évidemment ! Neuf tentatives, je les ai comptées - dont deux par lettres recommandées avec A.R. , vous pourrez vérifier. A la dernière, môssieur le Flic Sarcastique, cette maritorne a osé venir sonner chez moi pour m'avouer qu’elle avait bien rangé mon manuscrit quelque part mais qu'elle ne savait plus où ! Ce n'est pas de la provacation, ça, peut-être ?"
Christiansen eut un infime hochement de tête : indiscutablement, le Jars venait de marquer un point.
- « Ce n’était pas une raison pour entrer chez elle par effraction et lui saccager son grenier ! » fit-il pourtant remarquer. « Ne me dites pas que vous n’aviez pas une copie de votre bouquin, sur papier ou sur disquette.
- Tout ça était chez ma mère, figurez-vous » répliqua le Jars, de plus en plus aigre, tandis que Vancouvert, l'oeil diabolique, se demandait quelle genre de mère avait pu mettre au monde un phénomène pareil. « Oh ! La chère femme a fait tout ce qu’elle a pu pour me tirer d’affaire et m’a envoyé le tout par la poste. Mais ces crétins ont perdu le colis ! J’ai porté plainte, cela va de soi, ah ! oui ! ils m’ont entendu, ce tas d’incompétents ! … Mais en attendant, il faut bien que j’ai une base pour confronter mes recherches avec celles de M. Protéus.
- Allons bon ! » s’exclama Vancouvert qui, inexplicablement, commençait à bien s’amuser. « Et c’est qui, ce zèbre-là ?
- Je ne vous permettrai pas ! » Image même de la dignité anatidée offensée, le Jars redressait un cou de plus en plus révolté. « M. Protéus est un homme des plus estimables ! un homme de bien et un philanthrope!
- Sans doute, M. Emile » intervint Christiansen, peu désireux de laisser à son collègue le temps de se fendre d’une nouvelle moquerie. « Mais convenez avec moi que nous avons quelques difficultés à vous suivre. De votre voisine et de votre livre, nous passons à la philanthropie et à ce M. Protéus. Pourriez-vous nous expliquer le rapport ? »
De manière tout à fait surprenante, la grimace offusquée de M. Emile se mua en un sourire presque gracieux. Il dédia un petit salut aimable à Christiansen et, avec une emphase rare, qui n'avait aucune conscience de son ridicule, déclara :
- « Puisque vous, Monsieur l'Inspecteur, vous faites preuve d’un peu plus de courtoisie que votre acolyte colonialiste, et que, en ce lieu de sinistre aliénation de l’Humanité, vous symbolisez le représentant d’un noble continent ignoblement bafoué et exploité par l’Occident, je vais vous fournir tous les éclaircissements que vous désirez."
(A suivre si vous le voulez bien.)
© Scriptos - 2006
- « Il ne vous est donc pas venu à l’esprit, monsieur le J …, je veux dire : « monsieur Emile », que si vous l’aviez demandé gentiment, votre voisine vous l’aurait probablement rendu, votre chef-d'œuvre ?
- Je le lui ai réclamé, évidemment ! Neuf tentatives, je les ai comptées - dont deux par lettres recommandées avec A.R. , vous pourrez vérifier. A la dernière, môssieur le Flic Sarcastique, cette maritorne a osé venir sonner chez moi pour m'avouer qu’elle avait bien rangé mon manuscrit quelque part mais qu'elle ne savait plus où ! Ce n'est pas de la provacation, ça, peut-être ?"
Christiansen eut un infime hochement de tête : indiscutablement, le Jars venait de marquer un point.
- « Ce n’était pas une raison pour entrer chez elle par effraction et lui saccager son grenier ! » fit-il pourtant remarquer. « Ne me dites pas que vous n’aviez pas une copie de votre bouquin, sur papier ou sur disquette.
- Tout ça était chez ma mère, figurez-vous » répliqua le Jars, de plus en plus aigre, tandis que Vancouvert, l'oeil diabolique, se demandait quelle genre de mère avait pu mettre au monde un phénomène pareil. « Oh ! La chère femme a fait tout ce qu’elle a pu pour me tirer d’affaire et m’a envoyé le tout par la poste. Mais ces crétins ont perdu le colis ! J’ai porté plainte, cela va de soi, ah ! oui ! ils m’ont entendu, ce tas d’incompétents ! … Mais en attendant, il faut bien que j’ai une base pour confronter mes recherches avec celles de M. Protéus.
- Allons bon ! » s’exclama Vancouvert qui, inexplicablement, commençait à bien s’amuser. « Et c’est qui, ce zèbre-là ?
- Je ne vous permettrai pas ! » Image même de la dignité anatidée offensée, le Jars redressait un cou de plus en plus révolté. « M. Protéus est un homme des plus estimables ! un homme de bien et un philanthrope!
- Sans doute, M. Emile » intervint Christiansen, peu désireux de laisser à son collègue le temps de se fendre d’une nouvelle moquerie. « Mais convenez avec moi que nous avons quelques difficultés à vous suivre. De votre voisine et de votre livre, nous passons à la philanthropie et à ce M. Protéus. Pourriez-vous nous expliquer le rapport ? »
De manière tout à fait surprenante, la grimace offusquée de M. Emile se mua en un sourire presque gracieux. Il dédia un petit salut aimable à Christiansen et, avec une emphase rare, qui n'avait aucune conscience de son ridicule, déclara :
- « Puisque vous, Monsieur l'Inspecteur, vous faites preuve d’un peu plus de courtoisie que votre acolyte colonialiste, et que, en ce lieu de sinistre aliénation de l’Humanité, vous symbolisez le représentant d’un noble continent ignoblement bafoué et exploité par l’Occident, je vais vous fournir tous les éclaircissements que vous désirez."
(A suivre si vous le voulez bien.)
© Scriptos - 2006
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